Depuis 2022, la grille indiciaire des aides soignants de la fonction publique relève de la catégorie B. Elle comprend deux grades de 11 échelons chacun :
- Classe normale : de l’indice majoré 373 à 517, soit environ 1 836 € à 2 545 € bruts par mois.
- Classe supérieure : de l’indice majoré 387 à 560, soit environ 1 905 € à 2 757 € bruts par mois.
- Ces montants correspondent au seul traitement indiciaire, calculé avec un point d’indice à 4,92278 €. Les primes s’y ajoutent.
Vous cherchez à savoir combien gagne un aide-soignant titulaire, à vérifier votre propre échelon ou à budgéter un recrutement dans un établissement public ? La grille indiciaire donne la réponse de base : chaque échelon correspond à un indice, et cet indice fixe le traitement brut. La même architecture s’applique aux aides-soignants hospitaliers et aux aides-soignants territoriaux, avec quelques différences sur les primes. Cette page détaille les indices par grade, la méthode de calcul, les compléments de rémunération et les situations qui sortent du cadre statutaire.
Grille indiciaire des aides soignants en 2026 : classe normale et classe supérieure
La réforme issue du Ségur de la santé a fait passer les aides-soignants de la catégorie C à la catégorie B au 1er janvier 2022, dans la fonction publique hospitalière comme dans la fonction publique territoriale. Les anciens grades ont été remplacés par deux grades seulement, chacun découpé en 11 échelons. Les auxiliaires de puériculture ont bénéficié de la même évolution et partagent des indices identiques.
Le tableau ci-dessous reprend des repères d’indices majorés et de traitement brut mensuel. Il ne remplace pas l’arrêté applicable, mais il permet de situer rapidement un agent sur la grille.
| Grade | Échelon | Indice majoré | Traitement brut mensuel |
|---|---|---|---|
| Classe normale | 1er | 373 | 1 836,20 € |
| Classe normale | 2e | 375 | 1 846,04 € |
| Classe normale | 3e | 377 | 1 855,89 € |
| Classe normale | 11e (sommet) | 517 | 2 545,08 € |
| Classe supérieure | 1er | 387 | 1 905,12 € |
| Classe supérieure | 2e | 399 | 1 964,19 € |
| Classe supérieure | 6e | 460 | 2 264,48 € |
| Classe supérieure | 7e | 486 | 2 392,47 € |
| Classe supérieure | 11e (sommet) | 560 | 2 756,76 € |
On remarque que les premiers échelons de la classe normale sont très resserrés : quelques points d’écart seulement, car les indices de bas de grille ont été relevés à plusieurs reprises pour rester au-dessus du minimum de traitement. La progression devient nettement plus sensible en milieu et en fin de carrière, surtout en classe supérieure, où l’écart entre deux échelons atteint parfois plus de 100 € bruts.
Du point d’indice au salaire brut d’un aide-soignant
Chaque échelon est associé à deux nombres. L’indice brut sert de référence administrative et figure dans les textes, par exemple l’indice brut 433 pour le 1er échelon de la classe supérieure. L’indice majoré, lui, sert au calcul de la paie : c’est lui qu’il faut multiplier par la valeur du point.
La formule est simple : indice majoré × 4,92278 € = traitement brut mensuel. Cette valeur mensuelle du point est en vigueur depuis le 1er juillet 2023 et n’a pas été revalorisée depuis à la date de rédaction de cet article (novembre 2026). Un aide-soignant au 6e échelon de la classe supérieure perçoit donc 460 × 4,92278, soit 2 264,48 € de traitement indiciaire brut. Si le gouvernement relève un jour le point, tous les montants de la grille augmentent dans la même proportion, sans que les indices eux-mêmes changent.
Pour passer du brut au net, il faut retirer les cotisations : retenue pour pension CNRACL (11,10 % du traitement), CSG, CRDS, et cotisation RAFP sur une partie des primes. En ordre de grandeur, le net avant impôt d’un fonctionnaire se situe autour de 78 à 82 % du brut total, selon le poids des primes dans la rémunération. Ce pourcentage reste une estimation, la fiche de paie fait foi.
Aide-soignant hospitalier ou soignant territorial : ce qui diffère vraiment
La grille indiciaire est la même pour l’aide-soignant hospitalier, qui travaille dans un CHU, un centre hospitalier ou un EHPAD public rattaché à la fonction publique hospitalière, et pour l’aide-soignant territorial, employé par une commune, un CCAS ou un département (services de soins infirmiers à domicile, EHPAD municipaux, crèches pour les auxiliaires de puériculture). Les écarts portent ailleurs.
- Le recrutement : dans les deux cas, le diplôme d’État d’aide-soignant (DEAS) est requis. Le versant hospitalier recrute le plus souvent sur titre, après examen du dossier et entretien. Le versant territorial passe par un concours sur titres, puis par une inscription sur liste d’aptitude, l’agent devant ensuite trouver une collectivité qui le nomme.
- Le régime indemnitaire : à l’hôpital, les primes sont largement fixées par des textes nationaux. En collectivité, une partie dépend des délibérations locales, si bien que deux aides-soignants territoriaux au même échelon peuvent percevoir des montants différents.
- L’organisation du travail : les cycles en 12 heures, les nuits et les week-ends sont plus fréquents à l’hôpital, ce qui pèse sur les indemnités horaires.
Pour un gestionnaire, cette distinction compte au moment de comparer deux offres d’emploi : à indice égal, la rémunération réelle peut varier de plusieurs centaines d’euros par mois.
Primes et indemnités qui s’ajoutent à la grille indiciaire
Le traitement indiciaire ne représente qu’une partie de la paie. Plusieurs éléments viennent le compléter, certains automatiques, d’autres liés au poste ou au rythme de travail.
Les compléments liés au statut d’aide-soignant
Le complément de traitement indiciaire (CTI), créé lors du Ségur, équivaut à 49 points d’indice majoré, soit environ 241 € bruts par mois. Il concerne les agents hospitaliers et, sous conditions, une partie des agents territoriaux exerçant en établissement médico-social. Dans la fonction publique hospitalière, la prime spéciale de sujétion des aides-soignants est égale à 10 % du traitement indiciaire brut. S’y ajoute l’indemnité de sujétion spéciale, souvent appelée prime des 13 heures.
Les primes liées au service et au rythme
La prime Grand âge, d’environ 118 € bruts mensuels, vise les aides-soignants exerçant auprès des personnes âgées, notamment en EHPAD ou en USLD. Les heures de nuit, les dimanches et les jours fériés donnent lieu à des indemnités spécifiques. Selon la commune d’affectation, l’indemnité de résidence ajoute 0, 1 ou 3 % du traitement, et le supplément familial de traitement s’applique aux agents ayant des enfants à charge.
Au total, un aide-soignant en début de carrière dépasse souvent 2 200 € bruts par mois une fois ces éléments intégrés, sans que ce chiffre puisse être garanti : tout dépend du service et du planning.
Passer en classe supérieure : avancement de grade et durée des échelons
La carrière progresse de deux façons. L’avancement d’échelon se fait à l’ancienneté : chaque échelon a une durée fixée par le statut particulier, généralement comprise entre un et quatre ans, les durées s’allongeant en haut de grille. Il faut environ une trentaine d’années pour parcourir l’ensemble de la classe normale, ce qui explique l’intérêt du changement de grade.
L’avancement de grade, de la classe normale vers la classe supérieure, n’est pas automatique. L’agent doit remplir des conditions d’échelon et d’années de services effectifs, puis être retenu au tableau d’avancement établi par l’employeur selon les lignes directrices de gestion. La valeur professionnelle, appréciée lors de l’entretien annuel, joue un rôle réel dans ce choix, de même que le nombre de promotions possibles chaque année. Lors du passage, l’agent est reclassé à l’échelon qui lui assure un indice égal ou immédiatement supérieur à celui qu’il détenait.
Les établissements qui veulent accompagner ces parcours s’appuient souvent sur un plan de Personnel formation : préparation à l’entretien professionnel, tutorat des élèves, formations de spécialisation. Les aides-soignants qui visent ensuite des fonctions d’encadrement intermédiaire ou un projet d’études infirmières y trouvent un levier concret. Côté cadres de santé, une Formation management aide à conduire ces entretiens et à justifier les propositions d’avancement de manière équitable.
Contractuels, secteur privé et EHPAD associatifs : les cas hors grille
La grille indiciaire s’applique de plein droit aux seuls fonctionnaires titulaires et stagiaires. Un aide-soignant contractuel dans un hôpital public est souvent rémunéré par référence à un indice de la grille, mais l’employeur fixe le niveau dans son contrat, sans obligation de suivre l’avancement d’échelon des titulaires.
Dans le secteur privé, les salaires relèvent des conventions collectives : FHP pour les cliniques privées lucratives, CCN 51 ou CCN 66 pour une grande partie du secteur associatif. Ces textes reposent sur des coefficients et non sur des indices majorés. Le principe est comparable à celui des Coefficients pharmacie en officine : un coefficient multiplié par une valeur de point conventionnelle, négociée par les partenaires sociaux. Comparer un poste public et un poste privé exige donc de raisonner en salaire brut annuel, primes comprises, plutôt qu’en indice.
Erreurs fréquentes dans la lecture d’un bulletin d’aide-soignant
Les questions posées aux services RH reviennent souvent aux mêmes confusions. Les connaître permet de vérifier sa situation avant de contester une paie.
- Multiplier l’indice brut par la valeur du point : le résultat est faux, seul l’indice majoré sert au calcul.
- Comparer des grilles d’années différentes : les sites qui affichent encore l’indice 325 au 1er échelon reprennent l’ancienne grille de catégorie C, antérieure à 2022.
- Confondre traitement et rémunération : la grille ne dit rien des primes, qui peuvent représenter 20 à 30 % du brut total.
- Oublier la date d’effet de l’échelon : un changement d’échelon prend effet à la date d’ancienneté acquise, parfois avec un rappel sur la paie suivante.
- Croire que toutes les compétences augmentent l’indice : le référentiel de 2021 a élargi les missions des aides-soignants, mais certains soins restent réservés aux infirmiers, par exemple la manipulation d’une PICC Line. Participer à la surveillance d’un patient porteur de ce dispositif ne modifie pas le classement indiciaire.
En cas de doute, l’arrêté de reclassement ou d’avancement reçu par l’agent indique précisément son grade, son échelon et la date à laquelle il les a atteints. C’est le document à garder sous la main pour toute vérification.
Pour les gestionnaires : estimer le coût d’un poste d’aide-soignant titulaire
Pour un directeur d’établissement ou un responsable des ressources humaines, la grille indiciaire n’est que le point de départ du budget. Le coût employeur intègre les cotisations patronales, élevées dans le public du fait de la contribution CNRACL, ainsi que les primes statutaires et les indemnités de sujétion. Un poste d’aide-soignant au milieu de la classe normale coûte ainsi sensiblement plus que son seul traitement brut annuel. Anticiper les avancements d’échelon de l’équipe, qui font glisser la masse salariale d’année en année, évite les mauvaises surprises lors de l’exécution budgétaire.
Combien gagne un aide-soignant titulaire au tout début de sa carrière ?
Au 1er échelon de la classe normale, le traitement indiciaire brut est d’environ 1 836 € par mois (indice majoré 373). Avec le complément de traitement indiciaire, la prime spéciale de sujétion et les indemnités liées au planning, la rémunération brute dépasse fréquemment 2 200 €, selon le service et le versant de la fonction publique.
L’auxiliaire de puériculture a-t-il les mêmes indices que l’aide-soignant ?
Oui. Depuis la réforme de 2022, les auxiliaires de puériculture de la fonction publique sont classés en catégorie B avec deux grades, classe normale et classe supérieure, et des indices identiques à ceux des aides-soignants.
Un aide-soignant passé en catégorie B a-t-il perdu son ancienneté ?
Non. Lors du reclassement de 2022, les agents ont été placés dans les nouveaux grades à un échelon tenant compte de leur situation antérieure, avec conservation de tout ou partie de l’ancienneté acquise. L’arrêté de reclassement individuel précise l’échelon retenu.
Un aide-soignant contractuel est-il payé selon la grille indiciaire ?
Pas automatiquement. L’employeur public fixe la rémunération dans le contrat, souvent par référence à un indice de la grille, mais sans obligation de suivre l’avancement d’échelon des titulaires. La titularisation fait entrer l’agent dans la grille statutaire.
Les aides-soignants des cliniques privées relèvent-ils de cette grille ?
Non. Dans le privé, la rémunération dépend de la convention collective applicable, par exemple FHP, CCN 51 ou CCN 66, qui utilise des coefficients et une valeur de point conventionnelle distincte du point d’indice de la fonction publique.


